Dossier complet, enrichi chaque semaine. Mis à jour le 28 septembre 2026.
Chaque lundi, la newsletter du SNIES UNSA Éducation présente une revendication. Cette page les rassemble toutes, avec les chiffres qui les fondent et les propositions concrètes que nous portons au ministère. Syndicat réformiste et force de proposition, le SNIES ne se contente pas de constater : il propose.
L’enquête nationale 2026 en chiffres
L’enquête nationale 2026 du SNIES UNSA Éducation a interrogé 1 598 infirmières de l’Éducation nationale, dans 32 académies, de l’hexagone à l’outre-mer. Une seule conclusion : une profession essentielle, sous tension, et déterminée à se faire reconnaître.
Une charge qui ne cesse de grimper
Une profession qui s’use
En première ligne face à la détresse des élèves
La consultation infirmière, un temps à protéger
Les textes de 2025 reconnaissent désormais clairement la consultation infirmière et le diagnostic infirmier. Pour les infirmières de l’Éducation nationale, ce n’est pas une nouveauté : nous recevons déjà chaque jour des élèves, nous les écoutons, évaluons leur situation, apportons une réponse et assurons leur suivi.
Mais une question reste posée : dans quelles conditions pouvons-nous réellement faire ces consultations ?
Une consultation ne peut pas se résumer à quelques minutes prises entre une urgence, un appel téléphonique, un PAI ou une autre sollicitation. Quand un élève vient parler de son mal-être, de violences, de sa santé ou d’une situation personnelle difficile, il faut pouvoir lui consacrer du temps, l’écouter et travailler dans de bonnes conditions de confidentialité.
Ce que le SNIES revendique, et il est le seul à le faire
- Un temps identifié et dédié à la consultation infirmière ;
- un temps protégé des interruptions et des autres sollicitations ;
- des conditions qui garantissent la confidentialité ;
- la prise en compte de ce temps dans l’organisation réelle du travail infirmier ;
- un cadre commun au niveau national, pour que cette consultation s’exerce dans de bonnes conditions partout.
Et c’est possible
La rectrice de Clermont-Ferrand vient de demander aux chefs d’établissement d’organiser :
« des temps et des espaces exclusivement dédiés à la consultation infirmière », « clairement affichés dans les emplois du temps ».
Ce qu’une académie a fait, toutes peuvent le faire, sans jamais restreindre le libre accès des élèves à l’infirmerie.
Ce n’est pas demander une nouvelle mission. C’est donner aux infirmières les moyens de faire correctement ce qu’elles font déjà, et ce que les textes reconnaissent aujourd’hui. La reconnaissance est là : il faut maintenant que les conditions de travail permettent d’exercer.
Quand la charge de travail détruit la santé, le SNIES exige des moyens
Premier constat : la charge ne cesse de grimper. 90 % des infirmières voient leur charge de travail augmenter ; pour 75 % d’entre elles, elle est devenue difficilement soutenable, voire insoutenable. Concrètement : 46 % sont seules sur 4 établissements ou plus, 53 % ne sont jamais remplacées en cas d’absence, et 86 % gèrent l’urgence sans médecin.
Ce que ces chiffres cachent, c’est l’usure. 79 % des infirmières rapportent un impact négatif sur leur propre santé. Une profession censée soigner est en train de s’épuiser elle-même, et la reconnaissance ne suit pas : seulement 7 % estiment que la consultation infirmière est reconnue à sa juste valeur.
Ce sont elles qui accueillent la détresse des élèves. 96 % reçoivent des jeunes en mal-être, anxiété ou dépression. 45 % sont confrontées à des idées ou tentatives suicidaires chez les élèves qu’elles suivent. Sans moyens humains pour absorber cette charge dans de bonnes conditions, ce sont à la fois les élèves et les infirmières qui en paient le prix.
Trois exigences claires
- Des moyens humains à la hauteur des besoins : un plan massif de recrutement d’infirmières de l’Éducation nationale, condition pour que la profession puisse exercer sans s’épuiser.
- Une médecine de prévention à la hauteur de l’enjeu : quand 79 % des infirmières disent que leur métier abîme leur santé, un vrai suivi médical des personnels n’est pas un détail.
- La reconnaissance du travail accompli : 7 % seulement estiment la consultation infirmière reconnue à sa juste valeur. Cela ne peut plus durer.
Effectifs, médecine de prévention, reconnaissance : nous portons ces trois exigences dans chaque instance, à la DGESCO, à la DGRH, au cabinet du ministre et en audience. Sans elles, pas d’avenir possible pour la profession.
Toutes nos revendications en un tableau
| Revendication | Ce que nous demandons | Épisode |
|---|---|---|
| Consultation infirmière | Un temps dédié, protégé des interruptions, confidentiel, inscrit dans l’organisation du travail, dans un cadre national | 1 |
| Effectifs | Un recrutement massif d’infirmières de l’Éducation nationale, à la hauteur des besoins | 2 |
| Santé des personnels | Une médecine de prévention réelle pour les infirmières de l’Éducation nationale | 2 |
| Reconnaissance | La reconnaissance de la consultation infirmière et du travail accompli | 2 |
La série continue : un nouvel épisode chaque lundi dans la newsletter, jusqu’aux élections professionnelles de décembre.
Ne restez pas seule
- Écrivez ce que vous vivez dans le registre santé et sécurité au travail de votre établissement : consultation interrompue, pause impossible, secteur non remplacé, frais non remboursés. Ce qui est écrit existe, et oblige l’employeur à répondre.
- Appelez votre secrétaire académique SNIES. Le syndicat vous conseille, vous accompagne et fait remonter les situations au ministère.
- Faites circuler cette page auprès des collègues de votre secteur. Plus nous sommes nombreuses, plus nos propositions pèsent.
Prendre soin des élèves commence
par ne pas épuiser celles qui les soignent.
Gwenaelle Durand, Secrétaire Générale du SNIES UNSA Éducation
