Décentralisation des infirmières scolaires :
le texte est retiré, pas le danger
Décentralisation des infirmières scolaires :
le texte est retiré, pas le danger
Un retrait, pas une victoire définitive
Le gouvernement a retiré du Conseil d’État le texte qui organisait le transfert des infirmières scolaires de l’Éducation nationale vers les collectivités territoriales. C’est le résultat de la mobilisation syndicale, et notamment de l’action du SNIES-UNSA Éducation, qui a porté la voix des 7 800 infirmières scolaires auprès des parlementaires et du ministère.
Mais ne nous y trompons pas : un retrait n’est pas un abandon. Le projet de décentralisation n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle d’abandon définitif. Il peut réapparaître sous d’autres formes, notamment via des amendements parlementaires déposés à l’Assemblée nationale ou au Sénat, à l’occasion de textes budgétaires, de propositions de loi ou de projets de loi liés à la santé, à l’éducation ou à la décentralisation.
Rappelons que cette menace n’est pas nouvelle. Déjà lors de la loi 4D, des tentatives similaires avaient été repoussées grâce à la mobilisation de la profession. L’histoire nous enseigne que ces projets reviennent régulièrement sur la table, sous des formes parfois détournées.
La mission Isaac-Sibille : une opportunité ou un risque ?
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié en janvier 2026 au député Cyrille Isaac-Sibille (MoDem, Rhône) une mission de six mois sur la stratégie nationale de prévention en santé. Cette mission, menée auprès de plusieurs ministères dont la Santé, l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur, le Travail et les Sports, doit rendre ses conclusions en juillet avec l’objectif d’aboutir à une proposition de loi à l’automne.
Parmi les axes prioritaires : les lieux de vie, en premier lieu l’école. Le rapport préliminaire prône d’instiller la prévention dès la petite enfance et de renforcer le suivi des jeunes en milieu scolaire.
C’est précisément ce que nous faisons depuis des décennies. Mais la question se pose : cette mission renforcera-t-elle notre rôle au sein de l’Éducation nationale, ou servira-t-elle de levier pour justifier une réorganisation qui nous échapperait ? Le SNIES-UNSA Éducation sera prochainement auditionné dans le cadre de cette mission, et portera la voix des infirmier·es scolaires pour défendre notre ancrage dans l’Éducation nationale.
Points de vigilance
- Des amendements peuvent être déposés à tout véhicule législatif (PLF, PLFSS, propositions de loi santé ou éducation) pour relancer le transfert vers les collectivités
- Le rapport attendu en juillet pourrait contenir des préconisations de réorganisation de la santé scolaire, y compris un rattachement à d’autres autorités que l’Éducation nationale
- La loi du 27 juin 2025 reconnaît l’infirmière scolaire comme spécialité autonome — toute décentralisation viendrait contredire cette avancée majeure
Ce que défend le SNIES-UNSA Éducation
Notre position — claire et constante
- Les infirmières scolaires doivent rester rattachées à l’Éducation nationale. Décentraliser, c’est casser le lien de proximité avec les élèves, introduire des inégalités territoriales, détruire un maillage de prévention unique en Europe.
- La loi du 27 juin 2025 doit être pleinement appliquée. Elle reconnaît notre exercice comme une véritable spécialité infirmière, avec des compétences cliniques, éducatives et préventives propres. C’est un socle sur lequel bâtir, pas une parenthèse à refermer.
- Nous serons prochainement auditionné·es dans le cadre de la mission Isaac-Sibille, afin de faire valoir notre expertise terrain et nos propositions concrètes pour une politique de prévention efficace au sein de l’École.
- Nous portons un projet ambitieux pour la santé scolaire : renforcement des effectifs, reconnaissance du diplôme de niveau master, moyens adaptés à l’explosion des besoins en santé mentale des jeunes.
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« Le texte est retiré, pas notre détermination. »
