Bilatérale DGESCO :
trois dossiers stratégiques qui avancent.
Pôle d’expertise, consultation infirmière, accès au niveau 7. Le SNIES-UNSA Éducation a été reçu en bilatérale par la DGESCO. Retour détaillé sur une audience dense, où notre ligne réformiste — argumentée, exigeante, force de proposition — a pesé sur chacun des dossiers.
Le 7 avril 2026, une délégation du SNIES-UNSA Éducation conduite par la Secrétaire Générale a été reçue en bilatérale par la DGESCO. Trois dossiers qui engagent directement l’avenir de notre profession et les conditions d’exercice de chaque collègue sur le terrain. Voici ce qu’il faut en retenir.
Pôle d’expertise : contre — mais présents
Disons-le sans détour : le SNIES-UNSA Éducation n’a jamais demandé la création de ce pôle et y reste opposé. Nous avons exprimé, à chaque étape, nos réserves de fond sur un dispositif qui n’émane pas de la profession. Les premiers retours de terrain, dans plusieurs académies, confirment d’ailleurs nos inquiétudes.
Mais être un syndicat réformiste, force de proposition, c’est aussi regarder la réalité en face : les textes d’application vont sortir. Ils s’écriront avec ou sans nous. Faire la politique de la chaise vide, ce serait laisser d’autres — qui ne connaissent pas notre métier — décider à notre place de ce qui encadrera demain votre exercice quotidien.
Ce que nous avons obtenu
- Un pôle défini comme politique et non RH : l’administration a réaffirmé devant nous que le pôle porte la politique nationale éducative, sociale et de santé, et qu’il n’a pas vocation à se substituer à la ligne hiérarchique existante.
- L’écartement explicite d’une logique de décentralisation : le cadre national demeure la référence.
- La reconnaissance d’une distinction claire entre pôle-ressource (analyse de pratiques, expertise mobilisable, appui sur les situations complexes) et pôle-tutelle — ce dernier étant exclu.
Ce que nous continuons à porter
Notre ligne rouge est claire : aucun lien hiérarchique sur les décisions cliniques des infirmières et infirmiers de l’Éducation nationale. Aucune évaluation des pratiques professionnelles par ce pôle. Le SNIES demande désormais qu’une charte de fonctionnement formalise ces garde-fous dans les textes d’application, afin qu’aucune dérive ne soit possible demain dans les académies.
Consultation infirmière : un temps opposable
Il n’est plus acceptable que les psychologues, les assistantes sociales et les médecins disposent d’un temps de consultation dédié, inscrit dans leur emploi du temps, et que les infirmières de l’Éducation nationale en soient privées. Cette incohérence, nous la dénonçons depuis longtemps. Elle est aujourd’hui reconnue par l’administration elle-même.
L’articulation que nous défendons
- La consultation à la demande est maintenue. C’est non négociable : elle est le cœur de notre métier, la condition d’accessibilité de l’infirmière aux élèves, et l’expression même de notre rôle de premier recours.
- La consultation sur rendez-vous vient en complément, avec des créneaux dédiés aux suivis complexes, aux médiations et aux évaluations approfondies.
- La vie scolaire peut jouer un rôle de premier orientation pour les demandes mineures, sous réserve d’une formation spécifique assurée par l’infirmière et d’un protocole local validé.
Niveau 7 : la fenêtre est ouverte
C’est probablement le dossier le plus porteur d’avenir pour notre profession. La DGESCO a partagé en bilatérale un modèle de parcours inspiré de celui mis en place pour les Psychologues de l’Éducation nationale en 2017. Les textes ne sont pas encore rédigés, ce qui signifie une chose simple : c’est maintenant que tout se joue, et le SNIES-UNSA Éducation entend peser dans chaque arbitrage.
Le modèle de parcours présenté
- Entrée dans le métier par concours, avec accès au niveau 6 (diplôme d’État infirmier, inchangé).
- Année de stagiairisation validée par un jury ou des entretiens professionnels, donnant accès au niveau 7.
- Accès au niveau 7 ouvert aux agents déjà en poste, par la formation continue, la validation des acquis de l’expérience (VAE) et les droits à formation.
Aucune collègue en poste ne doit être laissée sur le bord du chemin. Les droits à formation, la VAE et la reconnaissance de l’expérience acquise doivent être pleinement mobilisés.
Analyse de pratiques entre pairs
L’administration soutient le développement de l’analyse de pratiques animée par des pairs infirmiers. Sept à huit académies ont déjà été formées à la méthode — parmi elles Nancy-Metz, Clermont-Ferrand, La Réunion, Poitiers et Rennes. Le modèle fonctionne quand il est porté par des pairs infirmiers, et non dans une logique médico-centrée.
Un plan de formation sera co-construit avec la DGRH : financement, portage, validation, thématiques prioritaires. Le SNIES fera remonter les besoins du terrain et défendra une approche ancrée dans la déontologie professionnelle infirmière.
Ce qu’il faut retenir
Cette bilatérale confirme que nous sommes sur les bons sujets, avec les bons arguments. Nos positions — temps protégé, pôle-ressource sans tutelle, niveau 7 par le parcours et non comme barrière d’entrée — sont entendues et reconnues comme cohérentes.
Un syndicalisme réformiste, argumenté et force de proposition, fait bouger les lignes.
Prochaine étape : la multilatérale avec la DRH. Nous y porterons les mêmes exigences, avec la même méthode.
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