Fête des mères : les infirmières scolaires au cœur d’une double exigence

À l’occasion de la Fête des mères, le SNIES souhaite mettre en lumière la réalité vécue par de nombreuses infirmières de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, qui assument chaque jour une double mission : prendre soin des élèves et prendre soin de leur propre famille.

Le métier d’infirmière scolaire est un métier très largement féminisé. Derrière les missions d’écoute, de prévention, d’accompagnement et de protection des élèves, il y a majoritairement des femmes qui portent également, dans leur vie personnelle, une part importante des responsabilités familiales.

La Fête des mères est ainsi l’occasion de rappeler que l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale reste un défi quotidien pour nombre de nos collègues. Les demandes de temps partiel pour s’occuper d’un enfant de plus de trois ans sont souvent difficiles à obtenir, car elles sont soumises aux nécessités de service. Pourtant, les besoins d’un enfant ne disparaissent pas à cet âge et les familles continuent d’avoir besoin de temps pour accompagner leur développement, leur scolarité ou faire face aux aléas du quotidien.

À cela s’ajoute la question des autorisations d’absence pour enfant malade. Trop souvent, les jours accordés apparaissent insuffisants face à la réalité des familles. Les épidémies saisonnières, les rendez-vous médicaux, les hospitalisations ou les situations de handicap nécessitent une disponibilité que les dispositifs actuels ne permettent pas toujours de couvrir sereinement.

Cette situation contribue à alimenter une charge mentale particulièrement lourde. Organisation familiale, suivi scolaire des enfants, gestion des rendez-vous, anticipation des imprévus, tout en assurant des missions professionnelles exigeantes : les infirmières scolaires sont nombreuses à devoir jongler en permanence entre des responsabilités multiples. Cette charge invisible, encore majoritairement assumée par les femmes, a pourtant des conséquences bien réelles sur la qualité de vie, la santé et l’équilibre professionnel.

Ces difficultés prennent une résonance particulière dans une profession qui, bien qu’appartenant à la catégorie A de la fonction publique, peine encore à obtenir une reconnaissance à la hauteur de son expertise et de ses responsabilités. Comme de nombreux métiers du soin et de l’accompagnement, fortement féminisés, la profession infirmière demeure confrontée à une forme de sous-valorisation historique, tant sur le plan salarial que sur celui de la reconnaissance institutionnelle.

Le SNIES rappelle que l’égalité professionnelle ne peut être atteinte sans une prise en compte concrète des réalités vécues par les femmes au travail. Cela passe par une meilleure reconnaissance des métiers féminisés, une revalorisation salariale ambitieuse, un accès facilité au temps partiel choisi, une réflexion sur l’augmentation des jours accordés pour enfant malade et une véritable politique de soutien à la parentalité.

Le SNIES adresse son soutien à toutes les infirmières de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur qui, chaque jour, exercent leur métier avec professionnalisme tout en assumant une charge familiale souvent invisible. Leur engagement mérite mieux que des discours : il mérite une reconnaissance effective et des droits adaptés aux réalités de leur vie.

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