
Le Gouvernement a franchi une nouvelle étape dans la protection des enfants et des adolescents face aux risques liés aux réseaux sociaux. La loi visant à mieux protéger les mineurs a été promulguée le 22 juillet 2026. Elle entrera en vigueur à compter du 1er septembre 2026.
Ce qui change
La mesure phare est l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Les plateformes devront mettre en place des systèmes fiables de vérification de l’âge afin d’empêcher la création ou le maintien de comptes par les mineurs concernés. L’objectif est de réduire l’exposition des jeunes au cyberharcèlement, aux contenus violents ou inappropriés, aux phénomènes d’addiction et aux conséquences sur leur santé mentale.
Un enjeu majeur de santé publique
Depuis plusieurs années, les professionnels de santé alertent sur les effets d’un usage intensif des réseaux sociaux chez les adolescents : troubles du sommeil, anxiété, dépression, baisse de l’estime de soi, exposition aux violences numériques ou encore cyberharcèlement.
Dans les établissements scolaires, les infirmières de l’Éducation nationale constatent quotidiennement l’augmentation des consultations liées au mal-être psychologique, aux conflits nés sur les réseaux sociaux ou aux situations de harcèlement en ligne. Cette loi constitue un outil supplémentaire de protection, mais elle ne saurait remplacer le travail de prévention, d’écoute et d’accompagnement mené au sein des écoles, collèges et lycées.
L’exemple australien : un premier bilan contrasté
L’Australie, premier pays à avoir instauré une interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans, offre aujourd’hui un premier retour d’expérience. Les premières évaluations montrent que les résultats sont mitigés. Malgré la suppression de plusieurs millions de comptes appartenant à des mineurs, une étude récente indique que la majorité des adolescents concernés continuent d’accéder aux réseaux sociaux, notamment en contournant les dispositifs de vérification de l’âge.
Ces premiers constats rappellent qu’une réponse exclusivement législative ne suffit pas à modifier les usages numériques des jeunes. Les chercheurs soulignent que l’efficacité de telles mesures dépend également de la robustesse des contrôles techniques, de l’implication des familles et de l’accompagnement éducatif. Ils rappellent également qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur les effets de cette politique à long terme.
Le rôle essentiel des infirmières de l’Éducation nationale
L’expérience australienne met en évidence une réalité : protéger les jeunes dans l’univers numérique ne peut reposer uniquement sur une interdiction.
Les infirmières de l’Éducation nationale occupent une place essentielle dans cette prévention. Par leur présence au sein des établissements, elles accueillent la parole des élèves, repèrent les situations de souffrance psychique, accompagnent les victimes de cyberharcèlement et mènent des actions d’éducation à la santé et au numérique responsable. Leur expertise constitue un maillon indispensable d’une politique de prévention globale associant les familles, les équipes éducatives et les pouvoirs publics.
À retenir
- Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans à compter du 1er septembre 2026.
- Vérification obligatoire de l’âge par les plateformes.
- L’expérience australienne montre que la loi seule ne suffit pas : les contournements restent nombreux.
- La prévention, l’éducation au numérique et l’accompagnement des jeunes demeurent essentiels.
- Les infirmières de l’Éducation nationale jouent un rôle central dans le repérage, la prévention et l’accompagnement des élèves face aux risques liés aux réseaux sociaux
La position du SNIES-UNSA Éducation
Le SNIES UNSA Éducation salue toute mesure visant à mieux protéger les enfants et les adolescents dans leur environnement numérique. Toutefois, cette protection ne pourra être pleinement efficace sans un renforcement des moyens consacrés à la prévention en milieu scolaire.
Le SNIES UNSA Éducation réaffirme la nécessité de renforcer les effectifs des personnels infirmiers de l’Éducation nationale, afin de garantir un accompagnement de proximité, développer les actions d’éducation à la santé et au numérique, et répondre aux besoins croissants des élèves en matière de santé mentale et de prévention des risques.
