L’école inclusive a besoin de ses infirmier·ères

Conférence nationale du handicap : l’école inclusive a besoin de ses infirmier·ères

Communiqué de presse · École inclusive

Conférence nationale du handicap : l’école inclusive a besoin de ses infirmier·ères

Publié le 4 septembre 2026

La 7e Conférence nationale du handicap se tient ce vendredi 4 septembre à Bobigny, sous l’égide du président de la République. L’école inclusive y est au premier plan. Les 7 800 infirmier·ères de l’Éducation nationale, elles et eux, n’y sont jamais entendu·es. Le SNIES-UNSA Éducation prend la parole.

Le communiqué de presse au format PDF

Télécharger le communiqué

Une réussite collective, des enfants qui attendent encore

Plus de 500 000 élèves en situation de handicap sont aujourd’hui scolarisés. C’est une réussite collective. Mais près de 50 000 d’entre eux restaient sans accompagnement à la rentrée 2025, et derrière les chiffres, il y a des enfants, des familles et des équipes qui tiennent l’école inclusive à bout de bras.

Cette Conférence concerne toutes les personnes en situation de handicap, adultes comme enfants. Mais les enfants qui grandissent avec un handicap sont les adultes de demain. Ils le subissent si petits, ils essaient tant bien que mal de trouver leur place, et l’école est le premier lieu où cette place se gagne ou se perd. Les infirmier·ères de l’Éducation nationale ont tout leur rôle pour la leur donner : comprendre cet enfant, l’accompagner, et faire en sorte qu’il ait autant de chances de réussite scolaire que les autres.

Ce que l’infirmier·ère de l’Éducation nationale apporte, chaque jour, à l’école inclusive

L’infirmier·ère est le·la seul·e professionnel·le de santé présent·e dans l’établissement. Le projet d’accueil individualisé de l’élève diabétique, épileptique ou allergique est rédigé par le médecin de l’Éducation nationale ; c’est l’infirmier·ère qui le fait vivre au quotidien : liaison entre le médecin, la famille, l’enfant et l’équipe éducative, explication du projet, formation de l’équipe aux gestes qui sauvent, parents rassurés à la rentrée, et à 10h30, quand ça ne va pas, quelqu’un qui sait quoi faire.

C’est l’infirmier·ère qui porte le volet santé du projet personnalisé de scolarisation, qui parle le même langage que la MDPH, le CAMSP, le CMP ou le pédiatre, et qui traduit une prescription médicale en aménagement concret dans la classe. L’infirmier·ère connaît les effets des traitements sur l’enfant, connaît ses troubles et son handicap, et sait ce qu’ils changent pour sa scolarité et sa réussite scolaire.

C’est l’infirmier·ère qui repère. L’enfant qui ne suit plus, qui se replie, qui souffre : le trouble du neurodéveloppement non diagnostiqué, la souffrance psychique, le handicap invisible. Et surtout le handicap invisible, celui qui ne fait pas de bruit : celui-là, il faut l’expliquer. L’infirmier·ère se fait le relais des parents auprès des professionnel·les pour obtenir les adaptations nécessaires, pour que l’équipe comprenne cet enfant et l’accompagne dans sa réussite. Depuis la circulaire du 29 juin 2026 sur les élèves en souffrance psychique, l’État lui reconnaît officiellement ce rôle d’évaluation et d’orientation de premier recours.

C’est vers l’infirmier·ère, enfin, que se tournent les AESH quand un élève fait une crise, refuse un traitement ou présente un symptôme qu’ils et elles ne savent pas interpréter. L’infirmier·ère est leur relais, leur formateur·rice de terrain, souvent le·la seul·e.

Tout cela, l’infirmier·ère le fait aujourd’hui sans que cette mission soit nommée, sans temps identifié, sur un poste qui couvre parfois plusieurs établissements et plusieurs milliers d’élèves. Et trop souvent sans être associé·e : son invitation aux équipes de suivi de la scolarisation (ESS) dépend de l’enseignant·e référent·e ou de l’établissement ; les notifications et les aménagements arrivent en dernière minute ; les urgences que personne n’a anticipées, c’est l’infirmier·ère qui les absorbe.

Elles témoignent

« Hier, mon chef d’établissement m’a envoyé trois AESH pour que je les aide à accompagner leur élève. Elles n’avaient aucune connaissance de sa pathologie, aucun historique médical ou scolaire, pour des accompagnements individualisés de 30 heures, donc des handicaps lourds. Je suis cet élève depuis le primaire, je connais la famille, son quotidien, tout ce qui n’est écrit ni dans le GEVA-Sco ni dans le dossier. Sans cela, la relation entre l’AESH et l’élève est vouée à l’échec. Cela m’a pris deux heures de ma journée. Ce n’est pas inutile, mais ce n’est ni compté ni reconnu. » Une infirmière, témoignage recueilli le 3 septembre 2026
« Les situations de handicap, j’en accompagne toute l’année. Mais je suis prévenue au dernier moment, et ce temps-là, personne ne le compte. » Une infirmière, académie de Nice
« Je ne suis jamais consultée en amont, pas même pour les équipes de suivi de la scolarisation. On pense à moi quand il y a un problème, rarement quand on prépare. » Une infirmière, académie de Montpellier

Les cinq demandes du SNIES-UNSA Éducation

  1. Une place pour l’infirmier·ère dans chaque pôle d’appui à la scolarité (PAS). Le gouvernement annonce 1 500 PAS en 2026, pensés en pédagogique et en médico-social. Il leur manque le sanitaire. Chaque PAS doit pouvoir s’appuyer sur l’infirmier·ère de l’Éducation nationale, avec du temps dédié, pour le repérage, l’évaluation et la coordination avec le soin.
  2. La reconnaissance de sa mission de coordination du parcours de santé de l’élève handicapé. Dès que la santé d’un élève est en jeu, l’infirmier·ère doit être informé·e en amont et invité·e à l’ESS ou à l’équipe éducative, partout, et non selon les habitudes de chaque établissement. Et un exemple dit à lui seul le chemin qui reste à faire : la NBI handicap, dont les règles d’attribution sont aujourd’hui très arbitraires. S’il est un personnel qui doit en bénéficier, ce sont les infirmier·ères, sans exception.
  3. Un appui organisé aux AESH. Formation aux situations de santé, protocoles clairs sur qui fait quoi, relais infirmier identifié. L’infirmier·ère ne fait pas à la place des AESH, des enseignant·es ou du médico-social : c’est un soutien technique et une expertise à leurs côtés.
  4. Handicap et santé mentale traités ensemble. Un élève en situation de handicap est plus exposé à la souffrance psychique ; un trouble psychique ou du neurodéveloppement non repéré devient, avec le temps, un handicap pour la scolarité. C’est le·la même infirmier·ère qui reçoit cet élève dans les deux cas. Les mesures de la CNH doivent s’articuler avec le dispositif de la circulaire du 29 juin 2026, et non construire un parcours parallèle.
  5. Des moyens à la hauteur, chiffrés et datés. Créations de postes infirmiers ciblées là où les PAS s’ouvrent, calendrier de déploiement, bilan contradictoire à six mois avec les organisations représentatives. Le SNIES soutient l’école inclusive ; il ne soutiendra pas une école inclusive sans moyens.

« Nos collègues font l’école inclusive tous les jours, en silence, avec les moyens du bord. Elles et ils ne demandent pas des applaudissements, mais que leur place soit reconnue et que les moyens suivent. La vraie question est celle-ci : l’Éducation nationale reconnaîtra-t-elle enfin ses infirmier·ères comme une véritable plus-value de l’école inclusive, des professionnel·les de santé à part entière, avec des compétences propres, et non comme une fonction support ? Nous écouterons les annonces de ce jour avec une question simple : y a-t-il un·e infirmier·ère dans le dispositif ? »

Gwenaelle Durand, Secrétaire Générale du SNIES-UNSA Éducation

Le SNIES-UNSA Éducation réagira aux annonces à l’issue de la Conférence, et y reviendra lors de sa conférence de presse de rentrée, le lundi 7 septembre à 14h30 à Ivry-sur-Seine.

Le communiqué de presse au format PDF

Télécharger le communiqué

Contact presse : Gwenaelle Durand, Secrétaire Générale · 06 64 32 32 48 · snies@unsa-education.org

Partager cette actualité

Sélectionnés pour vous

Un master pour les infirmières de l’Éducation nationale : nous le demandons depuis plus de quinze ans

Les revendications du SNIES · Le dossier master Un master pour les infirmières de l’Éducation...

Consultation infirmière : un temps à protéger

Les revendications du SNIES · Épisode 1 Consultation infirmière : un temps à protéger L’académie...

Master INFENES : la loi l’impose, à nous d’en fixer les conditions

LOI INFIRMIÈRE Un master pour les infirmières de l’Éducation nationale : le nouveau diplôme est...

Engagé pour l’environnement : compensation de l’impact carbone de notre site internet En savoir +