Rentrée 2026 : le SNIES UNSA Éducation alerte sur trois dossiers prioritaires qui ont tous en commun : le temps dédié.

Le SNIES-UNSA Éducation a tenu une conférence de presse le lundi 7 septembre 2026. Trois dossiers jugés essentiels pour cette rentrée y ont été présentés : la santé mentale, l’inclusion des élèves en situation de handicap, et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants. En toile de fond de ces trois enjeux : la loi infirmière de juin 2025.

La conférence a été menée par Gwenaëlle Durand, secrétaire générale, aux côtés de Michaël Sanders et Pascale Massines secrétaire nationale .

Santé mentale

Gwenaëlle Durand a rappelé en introduction que les personnels infirmiers scolaires sont les seuls référents santé présents en établissement. Depuis la circulaire du 29 juin 2026, un système de coupe-file à trois niveaux d’urgence leur permet d’orienter les élèves. Ce dispositif compte particulièrement pour les élèves de familles défavorisées, qui n’ont pas les moyens de se tourner vers le privé. Nous n’avons aujourd’hui aucun protocole clair sur l’utilisation du coupe-file. Le SNIES UNSA Éducation demande une instruction claire à ce sujet.

« Quand il s’agit de santé, l’urgence ne peut pas attendre une consigne », a déclaré Gwenaëlle Durand.

Inclusion

La conférence nationale du handicap s’est tenue en septembre 2026. Un constat : 550 000 élèves sont aujourd’hui en situation de handicap. Nous leur devons une École de qualité. Dans les 150 pages du rapport de la CNH les infirmier·es scolaires ne sont pas mentionné·es une seule fois. Le projet de réussite unique va fondre tous les dispositifs PPS et PAI dans un document unique avec le risque que le volet santé soit oublié. C’est pourquoi le SNIES UNSA Éducation demande que les infirmières scolaires soient clairement intégrées au cahier des charges des Pôles d’accompagnement à la santé. Nous demandons également qu’elles soient pleinement associées à l’élaboration de ce projet.

 « L’inclusion, c’est le cœur de notre métier », affirme Gwenaëlle Durand.

Violences sexistes et sexuelles

Selon la CIIVISE, dans chaque classe de 30 élèves, trois ont quelque chose à révéler sur des violences sexuelles subies « Les repérer, c’est notre rôle quotidien », a rappelé Gwenaëlle Durand.

Un questionnaire sera proposé à 10 millions d’élèves, de la maternelle à la terminale, dès novembre 2026 . « Ce sera un séisme pour l’enfant qui va révéler les faits », a souligné Gwenaëlle Durand, qui demande que la passation soit différenciée entre le premier et le second degré.

 « Briser le silence, c’est notre combat quotidien » souligne Gwenaëlle Durand.

Loi infirmière  de juin 2025 avec les deux décrets d’application de fin décembre 2025 et juin 2026 porte sur la consultation infirmière autonome. À l’Éducation nationale, nous sommes déjà des précurseurs : depuis des années, les infirmier·es scolaires exercent leur expertise en réalisant des consultations en toute autonomie.

Le SNIES UNSA Éducation demande un temps dédié à la consultation ainsi qu’un réaménagement du temps infirmier : l’infirmier·e  ne doit pas être dérangé.e dans son soin.

« Les consultations sont des soins à part entière » dit Gwenaëlle Durand et elle poursuit : « par la relation d’aide et l’accompagnement personnalisé, l’infirmière scolaire oriente, communique avec les parents avec comme objectif : le bien être et la réussite de l’élève ».

Santé mentale, inclusion, protection des enfants : derrière ces trois priorités, une même réalité s’impose, celle du temps infirmier. Repérer, écouter, accompagner, orienter, soigner, travailler avec les familles et les équipes éducatives et pédagogiques : ces missions ne peuvent être correctement assurées sans temps dédié.

La loi infirmière a consacré l’évolution de notre profession et reconnu l’importance de la consultation infirmière autonome. Il est désormais indispensable que l’Éducation nationale en tire toutes les conséquences dans l’organisation du travail des infirmier·es scolaires.

Le SNIES UNSA Éducation continuera à porter cette exigence : donner aux infirmier·es scolaires les moyens d’exercer pleinement leur expertise, c’est donner aux élèves les moyens d’être mieux accompagnés, mieux protégés et de réussir.

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