Remboursement des protections périodiques réutilisables : ce qui change au 1er octobre 2026
SNIES-UNSA Éducation · Septembre 2026
À compter du 1er octobre 2026, l’Assurance maladie prend en charge les culottes et coupes menstruelles pour les personnes de moins de 26 ans et pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S). Une avancée concrète contre la précarité menstruelle, que les infirmières et infirmiers de l’Éducation nationale sont les mieux placés pour faire connaître aux élèves et aux étudiantes. Le SNIES-UNSA Éducation décrypte la mesure et formule ses propositions.
Une mesure attendue, enfin applicable
Le principe du remboursement des protections périodiques réutilisables avait été adopté dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Il aura fallu attendre le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, puis l’arrêté du 6 août 2026, pour que le dispositif soit précisé. Il entre en application le 1er octobre 2026.
Pour le SNIES-UNSA Éducation, cette mesure répond à une réalité que nous observons chaque jour dans les infirmeries : des élèves qui manquent les cours pendant leurs règles, qui n’osent pas demander une protection, ou qui utilisent des solutions de fortune faute de moyens. La précarité menstruelle est un enjeu de santé, de dignité et de réussite scolaire.
Qui est concerné ?
| Public | Niveau de prise en charge |
|---|---|
| Toutes les personnes menstruées de moins de 26 ans, assurées sociales | 55 à 65 % du prix par protection, selon le prix et le type de produit. Le reste peut être pris en charge par une complémentaire santé. |
| Toutes les personnes menstruées bénéficiaires de la C2S (ex-CMU), sans condition d’âge | 100 % |
Seules les personnes assurées sociales sont concernées : les bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME) n’ont pas accès au dispositif. La mesure s’applique en France hexagonale, dans les départements d’Outre-mer et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle ne s’applique pas en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ni à Wallis-et-Futuna, qui disposent de leurs propres caisses de protection sociale.
Quels produits, et où les acheter ?
Deux types de protections ouvrent droit au remboursement : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles. Les serviettes lavables ne sont pas incluses dans le dispositif.
Les produits doivent être achetés en pharmacie uniquement. Un achat en grande surface ou sur internet ne peut pas être remboursé.
Le nombre de protections prises en charge est de deux par an et par personne : deux culottes, deux coupes, ou une culotte et une coupe.
Comment se calcule l’année ?
L’année est glissante et démarre au premier achat. Une personne qui achète ses deux protections le 1er octobre 2026 ne pourra pas en bénéficier de nouveau avant le 1er octobre 2027. Si elle n’en achète qu’une le 1er octobre 2026, elle a jusqu’au 30 septembre 2027 pour acheter la seconde.
Des produits encadrés par des normes de qualité
Seuls les produits répondant à un cahier des charges strict sont remboursables. Les normes prévoient notamment :
- la non-toxicité des produits, pour la santé et pour l’environnement ;
- pour les culottes menstruelles : une résistance à au moins 52 lavages et des tests en conditions réelles sous contrôle dermatologique et gynécologique ;
- pour les coupes menstruelles : une composition en silicone ou plastique de grade médical (la même exigence que pour le matériel médical) et deux tailles disponibles, moins de 20 mL et entre 20 et 30 mL.
C’est un point important pour nos pratiques : nous pouvons orienter les élèves vers des produits dont la sûreté est garantie, ce qui n’est pas le cas de tout ce qui se vend en ligne.
Le rôle des infirmières et infirmiers de l’Éducation nationale
L’infirmerie est souvent le premier lieu où une élève parle de ses règles, de douleurs, d’un manque de protections. Nous sommes en première ligne pour faire connaître ce dispositif, expliquer son fonctionnement et lever les freins, en particulier auprès des élèves les plus éloignées de l’information et du soin.
Concrètement, dès cette rentrée, chaque infirmière et infirmier peut :
- informer les élèves, en consultation individuelle comme en action collective d’éducation à la santé, de l’existence du remboursement et des conditions pour en bénéficier ;
- rappeler que l’achat doit se faire en pharmacie et que la carte Vitale (ou l’attestation de droits des parents pour les mineures) est nécessaire ;
- intégrer cette information aux séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle et aux actions contre la précarité menstruelle menées dans l’établissement ;
- orienter les familles vers la C2S lorsque leur situation le permet, puisque la prise en charge y est alors totale ;
- relayer l’information auprès des assistantes sociales scolaires, des CPE et des équipes de direction.
Les propositions du SNIES-UNSA Éducation
Force de proposition, le SNIES-UNSA Éducation salue cette avancée et demande qu’elle soit complétée pour être pleinement efficace à l’École :
- Étendre le dispositif aux serviettes lavables, qui restent la solution la plus accessible et la mieux acceptée par de nombreuses adolescentes, notamment les plus jeunes collégiennes.
- Garantir la continuité avec la distribution gratuite en établissement : le remboursement en pharmacie ne remplace pas la mise à disposition de protections dans les infirmeries et les sanitaires des EPLE, qui doit être financée de manière pérenne par l’État et les collectivités.
- Lancer une campagne nationale d’information à destination des élèves, des étudiantes et des familles, avec des supports adaptés à l’usage des infirmeries scolaires, plutôt que de laisser chaque professionnel construire seul ses outils.
- Reconnaître le temps d’éducation à la santé nécessaire à ce type d’action dans la charge de travail des infirmières et infirmiers, et donc poursuivre les créations de postes pour que chaque établissement dispose d’une présence infirmière suffisante.
- Inclure les bénéficiaires de l’AME, dont les enfants sont scolarisés dans nos établissements et subissent de plein fouet la précarité menstruelle.
Vous avez des questions sur la mise en œuvre dans votre établissement ?
Le SNIES-UNSA Éducation accompagne ses adhérentes et adhérents sur toutes les questions d’éducation à la santé et de conditions d’exercice. Contactez votre section académique ou écrivez-nous : nous relaierons vos retours de terrain auprès du ministère.
Sources :
Service-public.fr, « Remboursement des protections périodiques réutilisables » : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18883
Parlons Règles (association Règles Élémentaires, agréée par l’Éducation nationale) : Remboursement des protections périodiques réutilisables : on vous explique
Décret n° 2026-288 du 17 avril 2026 et arrêté du 6 août 2026.
